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Note
d'intention par
Rafik Djoumi
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| Référence |
Revenons maintenant à notre séquence initiale
de Matrix.
Comme on le voit, en l'espace de quelques secondes et de deux références
littéraires, la note d'intention des Wachowski, leur fameux " Choix
du Jour ", aura été plutôt explicite. On
pourrait le résumer ainsi :
Cher spectateur
(et plus spécialement le monsieur qui connaît Baudrillard
et Carroll et qui se croit malin).
Dans ce film, il ne sera question que de simulation et de simulacre.
Toi, spectateur, portera ton attention sur le signifiant, en le confondant avec
le signifié.
Guidé par ton intuition, tu te construiras toi-même un univers cohérent
basé sur une proposition absurde, quand bien même nous te rappellerons
constamment que tu te trouves dans un univers informatique, c'est-à-dire
sous la dictature d'une logique binaire.
Le spectateur le plus cultivé, le plus inquisiteur, se sera donc fait
prendre au piège de la référence qu'il s'était plu à reconnaître.
Il aura vu du Baudrillard dans l'idée d'un Neo qui découvre le
monde réel derrière les apparences de la simulation. Il aura vu
du Lewis Carroll dans l'image d'un Neo suivant le lapin blanc pour, plus tard,
passer A travers le Miroir.
Mais à aucun moment, semble-t-il, il ne pouvait se
détacher du concept
de la référence pour considérer ce que
cette référence impliquait réellement
comme système déjà à l'oeuvre dans
le film, et déjà à l'oeuvre sur lui en
tant que spectateur.
Car la référence, dans le cas présent, jouait déjà le
rôle d'un simulacre.
Rafik
Djoumi
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