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Origines par
Rafik Djoumi
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| Le
Père assassin
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Joel Silver va se spécialiser dans la découverte
de jeunes scénaristes, privilégiant curieusement
ceux qui fonctionnent en tandem. Après Joseph Loeb et
Matthew Wiseman (Commando),
après Jim et John Thomas (Predator),
il découvre la perle rare en les personnes de Andy et
Larry Wachowski qui, à l'époque, travaillent
sur Ectokid, une bédé inspirée
par l'univers
de Clive Barker.
Si les précédents tandems scénaristes de Joel Silver étaient
parfait pour travailler sur des concepts forts et immédiatement identifiables,
leurs scripts nécessitaient systématiquement la réécriture
complète par d'autres scénaristes plus avisés.
Les Wachowski, eux, savent livrer une version finale et la faire fonctionner à de
multiples niveaux. Joel Silver va avoir le coup de foudre pour un de leur script,
intitulé Assassins.
Dans une interview jamais publiée (et recueillie par votre serviteur),
Joel Silver admettait que lui-même et le réalisateur Richard Donner
avaient " assassiné le script d'Assassins ".
Donner en était à un point de sa carrière où il privilégiait
la frivolité à une certaine dureté propre au polar (Maverick,
Complots). De leur côté, Silver et sa star Sylvester Stallone,
bien qu'impressionnés par l'implacable mécanique narrative mise
en place par les Wachowski, étaient très concernés par le
caractère pas forcément aimable du héros.
Le scénariste et futur réalisateur Brian Helgeland (Payback,
Chevalier) fut alors chargé par Silver et Donner d'arrondir les
angles, et faire d'Assassins la production
mainstream que l'on connaît.
Même s'ils bénéficiaient dès lors d'un contrat de
trois films à la Warner, les Wachowski ne cachèrent pas
leur amertume quant au traitement infligé à leur bébé.
Leur autre script, Carnivore, connut un
destin pas forcément plus enviable, puisqu'il sera très officiellement
classé dans la liste des " Douze meilleurs scripts d'Hollywood
jamais adaptés " par le magazine Empire.
Malgré le différend d'Assassins,
Joel Silver, qui a depuis longtemps oublié de manquer de flair, tient à garder
près de lui les deux larrons. Ces derniers lui révèlent
qu'ils travaillent depuis plusieurs années sur un concept de S.F., d'abord
envisagé comme comic-book, mais qui s'avère, avec le temps, manifestement
plus adapté à une grande trilogie cinématographique qu'ils
réaliseraient eux-mêmes pour le cinéma.
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