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Réflexions

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DOSSIER
NOUVELLES TECHNOLOGIES
par Sandy Baczkowski & Ludovic Graillat, CRDP |
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1.
Présentation
2.
Cinéma & Nouvelles Technologies
3.
Aveu de réception par Sandy Baczkowski
4.
Matrix Reloaded par Ludovic Graillat
5.
Ressources Internet
6.
Bibliographie |
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1. PRÉSENTATION |
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Le monde mue et remue violemment,
le cinéma aussi. En réaction, ou en abandon
face à cet état de fait, certain(e)s
se ferment ou s’ouvrent au cinéma des
nouvelles technologies. Pour ou contre MATRIX RELOADED
? C'est en réalité bien souvent le tapage
médiatique qui règle la question, assommant
les uns, stimulant les autres.
Mais au-delà de l’image médiatique, au-delà l’image
elle-même, que se cache-t-il derrière un film comme
MATRIX RELOADED ? Une vaste invasion capitaliste ? Un « réel » film
d’auteur ? Et que penser de l’impact des nouvelles
technologies sur le cinéma ? et plus généralement
leur influence sur notre regard et notre écoute des mondes
?
Cadrage & l’ABC vous proposent un dossier de réflexions
et de ressources sur ces questions, à l’heure où les
débats font rage, à l’heure où beaucoup
cherchent à changer avec le monde, pendant que d’autres
cherchent à changer le monde avec nous, et parfois contre
nous. Etat des lieux de ces mues inquiètes.
Alexandre Tylski
Editeur & Directeur Cadrage |
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2. CINÉMA & NOUVELLES
TECHNOLOGIES |
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Ce dossier tentera de considérer
l’influence des nouvelles technologies sur le
cinéma américain contemporain. Le cinéma,
lieu de nombreuses convergences, a en effet été particulièrement
affecté par l’avènement des nouvelles
technologies, en particulier numériques, et
ce dans tous les domaines (marketing, production, réalisation…).
On ne conçoit plus un film de la même
façon qu’il y a 20 ans. Et il serait idiot
de reprocher aux réalisateurs d’avoir
recours aux formidables avancées technologiques
mises à leur disposition. Le numérique
leur a ouvert de nouvelles perspectives. C’est
surtout aux niveaux visuel et sonore que les progrès
ont été les plus visibles et saisissants
dans un premier temps (je pense à des films
comme Jurassic Park). C’est par l’image
audiovisuelle qu’ont transitées ces nouvelles
technologies numériques et le cinéma
se retrouve depuis quelques années aux prises
avec une évolution qui affecte l’ensemble
de notre société et dans laquelle il
joue un rôle prépondérant, à la
fois précurseur, acteur, bénéficiaire
ou victime selon les avis.
Le constant renouvellement des technologies, les progrès
rapides accomplis en ce domaine empêchent le chercheur de
les constituer en un objet d’étude stable, un objet
difficile à appréhender dans sa globalité tant
il inonde de champs disciplinaires. Le numérique suscite
actuellement un engouement sans précédent et nombreux
sont ceux à réfléchir sur le sujet. La sortie
de MATRIX en 1999 avait été un coup de tonnerre dans
le monde du cinéma et de la recherche. Les effets spéciaux
utilisés dans ce film (le fameux bullet-time entre autres)
ainsi que l’influence des jeux vidéo sur l’esthétique
du film mais également sur son récit avaient fait
couler beaucoup d’encre. Pour la première fois, le
langage jeux vidéo était transposé sur grand écran
avec intelligence et succès et non pas comme une simple
adaptation « franchisée » d’un succès
jeu vidéo. De nombreux ouvrages se sont depuis intéressés
au phénomène MATRIX.
La sortie du second épisode MATRIX RELOADED suscite un engouement
sans précédent. On aime ou on n’aime pas mais
ce film ne laisse en aucun cas indifférent. Matrix et sa
suite sont des films qui travaillent la matière même
du cinéma en important des jeux vidéo leurs structures
narratives mais aussi de nouvelles technologies spectaculaires
rendues possibles grâce au numérique. Il apparaît évident
aujourd’hui que les jeux vidéo, après avoir
beaucoup emprunté au cinéma sont aujourd’hui
le médium, certes encore jeune il faut le reconnaître,
qui permet d’interroger au mieux le cinéma contemporain
au regard de toutes les transformations qu’il a subies ces
dernières années, que ce soit dans ses modes de fonctionnement
ou de ses grands fondements théoriques. Les jeux vidéo
sont le médium qui permet de cerner au mieux le nouveau
rapport qu’entretiennent les spectateurs au monde du récit
en image et d’en proposer ainsi une nouvelle définition.
Le succès et l’utilisation croissante des dernières
technologies dans notre société, en particulier d’Internet
et des jeux vidéo, ont eu pour effet de modifier les schémas
de réception des spectateurs. Un film comme MATRIX RELOADED
permet de voir de quelle manière cette évolution
s’est projetée sur le médium cinéma.
Sandy Baczkowski, rédactrice à Cadrage et chercheur au
LARA |
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3. AVEU DE RÉCEPTION
PAR SANDY BACZKOWSKI |
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Faire une critique de MATRIX RELOADED
a tout du cauchemar tant le film foisonne de détails
et d’informations, encore plus que le premier épisode.
Alors plutôt qu’une critique destinée à guider
les spectateurs, voire à les influencer dans
leurs choix, je propose ici l’aveu de réception
d’une personne qui vient de passer quatre ans
de sa vie professionnelle à travailler avec
passion sur le concept MATRIX (car il s’agit
bien d’un concept, d’un univers unique
en son genre qu’ont créé les frères
Wachowski). Je ne me permettrai pas de dire « Allez
voir ce film c’est une merveille » ou « N’y
allez pas c’est un navet » comme tant de
journalistes le font, je laisserai au public la liberté de
se forger une opinion personnelle et livrerai ici seulement
mon avis de spectatrice.
Je commencerai par dire qu’à mon avis, MATRIX RELOADED
est aussi bon, si ce n’est meilleur, que le premier épisode
de la trilogie.
Le succès de MATRIX premier du nom résidait dans
sa capacité à recycler avec succès diverses
influences (jeux vidéo, westerns, mangas, comics….)
pour ensuite construire un univers unique et révolutionnaire
dans son union inédite de l’audiovisuel (et pas seulement
du visuel, le travail sur la musique et les sons étant tout
aussi essentiels à la création de cet univers) et
du conceptuel, ou autrement dit du fond et de la forme. Il m’est
par conséquent insupportable de voir ces quelques spectateurs
fanfaronner devant les caméras de Canal + à la sortie
de la projection à Cannes et de s’écrier que,
comme on s’y attendait, le film est un navet américain
plein d’effets spéciaux au discours pseudo philosophique
incompréhensible. Et de rajouter alors qu’ils n’ont
pas vu le premier épisode, bien heureusement ! » Cela
me fait bondir dans mon fauteuil. Pardon si j’en offense
certains au passage mais je trouve cette mentalité absolument
navrante. A quoi bon juger un film qui fait partie d’un tout
lorsqu’on a vu que le second épisode ? Je me pose
la question… Je referme la parenthèse…
Je commencerai par parler de ce qui m’a déplu dans
ce film. Déplu est un bien grand mot, gêné serait
plus juste ici. La relation entre Neo et Trinity, amour absolu
et romantique, est peut être un peu trop mise en avant à mon
goût dans la première partie du film et surtout traitée
de manière caricaturale. Mais ce n’est qu’un
infime détail auquel je ne m’attacherai pas plus que
cela. La première demi-heure du film m’a tout d’abord
laissé quelque peu sceptique. Je pense notamment à toutes
les scènes se déroulant à Sion. Quelques longueurs
mais il fallait sûrement en passer par là pour poser
l’intrigue de cet épisode mais également du
troisième volet, tellement complexe. Des airs de déjà vu
parfois, notamment lors de ce fameux conseil qui avait l’air
tout droit sorti de Star Wars ou encore lors de cette « rave » très
sensuelle qui m’a fait pensé au premier abord à un
clip de Jennifer Lopez mais qui vu sous un autre angle résume à elle
seule l’esprit du film, c’est à dire le métissage
de tous les genres.
Cette volonté de multiplier les références
fait également partie du concept MATRIX dans lequel on célèbre
aussi bien culture de masse que celle destinée habituellement à une
certaine élite. Car il ne faut pas considérer l’œuvre
des Wachowski seulement comme un blockbuster destiné à engranger
beaucoup d’argent auprès du public adolescent mais
comme un travail sur le fond et la forme beaucoup plus conceptuel,
très approfondi et à mon avis abouti, maintes fois
copié mais jamais égalé. Ce second épisode
montre que la patte Wachowski est inimitable. Contrairement à beaucoup
de réalisateurs qui recyclent jeux vidéo, comics
ou encore mangas dans le but unique de satisfaire un certain public
alors même qu’ils n’ont jamais touché un
jeu vidéo ou lu une BD de leur vie, les frères Wachowski,
on le sait, sont des touche à tout dont la connaissance
et la passion pour ces arts dits mineurs ressortent à chaque
instant de MATRIX et sa suite. Car je dois avouer que pour la première
fois de ma vie, et je pèse mes mots, j’ai eu la même
sensation devant un film que celle que j’éprouve lorsque
je joue à un jeu vidéo de simulation de courses de
voiture ou de moto, j’entends ici cette fameuse scène
de poursuite sur l’autoroute. Les joueurs de jeux vidéo
comprendront de quoi je veux parler. Lorsque vous vous retrouvez
face à votre écran de télévision, manette à la
main, et que vous vous penchez de tous les cotés sans même
vous en apercevoir, tout comme si vous étiez au volant de
la voiture ou au guidon de la moto. Et bien, vous me croirez ou
pas, mais à ma grande honte, je me suis retrouvée
dans mon siège devant un film sur grand écran à me
balancer de gauche à droite en lieu et place de Trinity.
Et ça, c’est très fort ! Cette scène
sur la freeway, qui représente le passage obligé de
tout bon film d’action qui se respecte, tellement vue et
revue que l’on n’y prête même plus attention
tant elle est devenue banale, est ici absolument phénoménale. « La
mère de toutes les scènes de poursuite » comme
j’ai pu le lire dans un grand quotidien français.
Et ce n’est pas la seule…
Les Wachowski avaient placé la barre très haut lors
du premier volet de la trilogie et ils avaient fort à faire
pour relever le défi qu’ils s’étaient
eux-mêmes imposés. Leur effet bullet-time, qui avait
largement contribué au succès de MATRIX, a depuis été maintes
fois copié, souvent sans grande intelligence il faut le
reconnaître (je pense ici à Charlie et ses drôles
de dames par exemple) car dénué de tout intérêt.
S’il fonctionnait si bien dans MATRIX, c’est qu’en
plus d’être d’une beauté à couper
le souffle, il servait un propos, chose que n’ont pas compris
tous ces copieurs. Les frères Wachowski recyclaient ici
une fois de plus les jeux vidéo et proposaient un travail
sur la maîtrise de l’espace-temps et sur l’affranchissement
des contraintes spatio-temporelles. Alors la question que tout
le monde se posait était de savoir comment les Wachowski
et John Gaeta allaient relever le défi maintenant que cet
effet était banalisé et ne créait plus l’effet
escompté? On peut dire que le pari a été remporté haut
la main… Le second épisode est aussi novateur que
le premier et vu le budget mis à la disposition des réalisateurs,
on n’en attendait pas moins. Le film est basé une
fois de plus sur le principe des jeux vidéo, aussi bien
au niveau de son esthétique (combats de kung-fu encore plus
spectaculaires, scène de poursuite sur l’autoroute)
que de sa construction. La problématique du choix, auquel
est confronté Neo durant tout le film, mais également
celle du double, bien connues des gamers, sont à nouveau
mise en avant dans ce second volet. Dédoublement des corps
entre le monde virtuel et réel, va-et-vient incessant entre
les deux mondes, gémellité des personnages (les jumeaux,
Neo et Trinity, Morpheus et Niobe, Smith capable de se dupliquer à l’infini…),
tout dans ce film est double et ambigu. Neo est-il l’élu
ou pas ? L’Oracle est elle une alliée ou un programme
de la Matrice ? L’architecte ment-il ou pas ? Même
la construction du film se fait sur le principe du binaire, comme
dans les jeux vidéo. A une scène d’action succède
toujours une scène d’explication. On retrouvera également
le principe du « boss » de fin de niveau que connaissent
si bien les joueurs. A chaque mission permettant de glaner des
informations supplémentaires, un ennemi à combattre
avec systématiquement une élévation du niveau
des combats. Comme dans les jeux vidéo, le film prône
l’affranchissement du corps au profit de la pensée
toute puissante. Pas de sang ni de souffrance vraiment visible à l’écran.
Quant aux scènes de combat, elles sont encore plus spectaculaires
que dans le premier épisode et l’on ne peut que s’extasier
une fois de plus sur le magnifique travail novateur accompli par
Yuen Wo Ping. Les effets spéciaux numériques sont
mis au service de l’imagination et le résultat est
plus que probant. Sans eux, ces magnifiques ballets avec des séries
de coups complexes filmées en une seule prise ou encore
cette scène de poursuite sur l’autoroute (qu’il
aurait été impossible de réaliser sans le
numérique) n’auraient pas été envisageables.
Somme toute, le film est à mon avis une réussite.
Les frères Wachowski ont conçu MATRIX comme un concept,
un tout dans lequel les trois épisodes sont tout aussi important
que la série Animatrix ou le jeu vidéo ENTER THE
MATRIX. A ce propos, le travail accompli par les frères
sur le jeu vidéo tient du jamais vu. Ils ont eux même écrit
un script de 244 pages et tournés une heure de film supplémentaire
uniquement destinée au jeu. Le jeu vidéo est partie
intégrante du puzzle MATRIX et pas seulement « inspiré » du
film, comme tant de jeux vidéo « franchisés ».
Etre capable de penser à la fois comme un réalisateur
et comme un game designer sont deux choses très différentes
et les frères Wachowski l’ont fait. Ce prolongement
du film dans le jeu est à ce jour unique en son genre puisque
le spectateur de MATRIX pourra en apprendre plus sur le monde de
la Matrice et découvrir de nouveaux indices dans le jeu
vidéo. Autrement dit, il faut voir les films et jouer au
jeu vidéo…pour maîtriser toutes les clefs de
cet univers incroyablement riche. D’autre part, j’avais
affirmé, il y a quatre ans dans mon travail sur le premier
film, que l’avantage du film sur le jeu vidéo était
que ce dernier ne pouvait en aucun cas reproduire les magnifiques
scènes de combat que l’on découvrait dans MATRIX.
D’un point de vue technique, le jeu vidéo ne pouvait
en effet recréer, assurais-je, cet affranchissement des
barrières spatio-temporelles. Impossible de faire marcher
un personnage sur les murs par exemple. Cette affirmation est aujourd’hui
totalement obsolète. Je viens de jouer au jeu ENTER THE
MATRIX. Ce jeu est absolument jubilatoire dans le sens où il
permet au joueur de reproduire exactement les mêmes effets
d’accéléré-ralenti que dans le film
lors des combats. Grâce au procédé du motion
capture, les mouvements des personnages sont ultra-réalistes
puisque calqués directement sur ceux des acteurs. Au final,
chaque personnage a à son actif un répertoire d’environ
4000 figures contre 600 au maximum habituellement. J’ai fait
marcher Niobe au ralenti sur les murs, je n’aurais jamais
cru cela possible un jour…
Sandy Baczkowski, rédactrice à Cadrage et chercheur au
LARA |
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4. MATRIX RELOADED
PAR LUDOVIC GRAILLAT |
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Neo est de retour avec toujours à ses
côtés Trinity et Morpheus. A la fin
du premier chapitre tout le monde était convaincu
qu'il était « l'Elu » et qu'il
allait pouvoir sauver l'humanité de la Matrice.
Dans ce deuxième opus nous en apprenons plus
sur le fonctionnement de la Matrice, sur l'Oracle
et ses prédictions et nous nous rapprochons
de la fin de cette trilogie devenue culte avant même
d'être terminée. Mais bien plus que
cela MATRIX est un film d'un genre nouveau qui suscite
beaucoup de controverses et de critiques. La quasi-totalité des
journaux spécialisés en cinéma
n'ont pas du tout apprécié cette suite
tandis que des journaux comme Le Monde ou Libération
ont publié des critiques dithyrambiques. Sur
le forum de l'ABC les spectateurs ont commencé à échanger
des avis mitigés... MATRIX est-il un film
raté ? Force est de constater que ce film
fait parler de lui et qu'il ne laisse pas indifférent.
A mon sens c'est déjà une qualité;
débat-on d'un film insipide ? Je crois plutôt
que MATRIX est un film novateur (et je ne parle pas
que des effets spéciaux) qui trouve ici une
forme d'aboutissement. Les deux frères n'ont
pas eu peur d'aller au bout de leur vision et ils
nous offrent avec MATRIX RELOADED un film qui bénéficie
d'une parfaite adéquation entre le fond et
la forme. Plutôt que de rejeter en bloc ce
que l'on n'apprécie pas il vaut mieux essayer
de comprendre pourquoi cela plait. Une partie de
la production cinématographique tend vers
ce genre de cinéma, à savoir un métissage
des images, il en ressort une nouvelle esthétique.
Le métissage des images
Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme. Les
réalisateurs ont parfaitement intégré cette
notion. MATRIX, et encore plus MATRIX RELOADED sont remplis de
références et de recyclages savamment préparés.
Le générique et le look de certains personnages sont
empruntés à GHOST IN THE SHELL, les vieux vaisseaux à BLADE
RUNNER, des décors et des situations à L'INCAL...
on pourrait citer des centaines d'exemples. Piratage éhonté ?
Non, références choisies et brillamment recyclées.
Mais il n'y a rien de très novateur là-dedans, beaucoup
de cinéastes parsèment leurs films de références.
Là où les deux frères ont été plus
loin, c'est en construisant leur film comme un jeu vidéo.
Et cela atteint un paroxysme dans le deuxième opus. Le spectateur
se retrouve assis dans une salle de cinéma, seul devant
un écran... avec un joystick virtuel (imaginaire !). On
se retrouve tour à tour dans un 'shoot them up' puis un
'beat them up', un 'Doom like' ou un Tekken. Nous vivons dans une
société où les jeux vidéo prennent
de plus en plus d'importance, où les marchés explosent.
Cet engouement est rendu possible par l'évolution technique
et technologique : des machines de plus en plus performantes, des
jeux de mieux en mieux faits, le développement du réseau
et du haut débit... bref un monde où tout va très
vite et qui tend vers une certaine dématérialisation.
MATRIX joue avec cela. La construction du film est binaire : scène
d'action, scène d'explication... comme dans les jeux. On
donne une mission au gamer, il l'exécute. Cette mission
réussie il a plus d'indices en main pour avancer dans la
partie et reçoit donc une nouvelle mission... et l'exécute à nouveau.
Mais l'analogie aux jeux ne s'arrête pas là : les
scènes de combats sont construites et filmées comme
les séquences de jeux, la musique techno est passée
en boucle pendant les scènes de combat, il y a très
peu de sang. Le gamer, tout comme Néo, traverse les tableaux
les uns après les autres en arrivant à un boss de
fin de niveau. Pour Néo ces boss seraient par exemple Le
Mérovingien ou Mr Smith. La notion de choix est aussi importante
dans les jeux. Et c'est le perpétuel dilemme de Néo.
Il doit sans cesse faire des choix et il veut comprendre pourquoi
il les fait. Dans le premier il choisissait entre la pilule bleue
et la pilule rouge. A la fin de MATRIX RELOADED, on lui demande
de faire le choix entre deux portes. A droite ou à gauche.
Le 0 ou le 1 du code informatique. Dans MATRIX il y avait une unité de
lieu : les personnages projetés dans la matrice restaient
dans un même lieu avant d'en sortir (la scène du dojo,
la scène de l'immeuble, etc.). MATRIX RELOADED va plus loin
dans le jeu vidéo : les personnages franchissent des portes
qui les amènent d'un monde à l'autre. Une même
porte peut mener à un parking ou... en pleine montagne en
Chine ! L'ubiquité rendue possible par la technologie. L'espace
et le temps ne sont plus à échelle humaine mais sont
devenus électroniques, calculables par un ordinateur en
quelques fractions de secondes. Cette notion d'ubiquité présente
dans les jeux vidéos et dans MATRIX se retrouve dans le
DVD. Il est amusant de noter que MATRIX a participé à l'avènement
du lecteur DVD et du Home Cinéma dans les foyers. Il a été le
film idéal pour une popularisation de ce support : un blockbuster
avec beaucoup d'effets spéciaux où l'informatique
et les nouvelles technologies occupent une place prépondérante.
Ce film très visuel se devait d'être vu dans les meilleures
conditions possibles. De plus usant de nombreux artifices visuels
jusqu'alors inconnus pour une grande majorité de la population,
les spectateurs (aidés par la promotion du film) voulaient
découvrir les secrets de réalisation. Le making of
devenait indispensable. L'hybridation de ce support pose de nouvelles
questions qui sont souvent les mêmes que celles évoquées
dans MATRIX 1 et 2. Nous sommes de plus en plus dans l'ère
du fragment : on zappe, on ne re-regarde que quelques scènes
d'un film que nous avons aimé grâce au chapitrage
du DVD, etc. Et MATRIX RELOADED est le film qui montre le mieux
cette nouvelle consommation des images. Il en épouse même
la forme et devient ainsi un film concept reflétant l'hybridation
des images et des genres vers lequel on se dirige de plus en plus.
MATRIX RELOADED est à mon sens un film avant-gardiste.
Les effets spéciaux, abondants, sont en grande partie bien
réalisés. Deux ou trois séquences m'ont pourtant
déçu lors de mon premier visionnage. Mais après
l'avoir vu une seconde fois je suis revenu sur mes premières
impressions. La séquence où Neo se bat contre les
clônes de Mr Smith nécessitait une modélisation
3D de Neo/Keanu Reeves. Mais ces techniques ne sont pas encore
au point et l'on voit bien que ce n'est plus l'acteur qui se bat
mais une réplique 3D pas assez réaliste. Alors ?
Ce qui est formidable c'est que l'on excuse cette imperfection
car elle participe encore plus à l'esthétique du
jeu video. Nous avons l'impression que MATRIX s'est transformé en
jeu, et l'on se contente des images que l'on voit. Ces images,
comparables à celles du dessin animé ne sont certes
pas réelles mais suffisamment réalistes pour que
l'on identifie ce que l'on regarde... et c'est ça qui compte.
D'autre part, le graphisme des dessins animés est une représentation
assez proche de l'image mentale que se fait un lecteur d'un personnage
de roman et devient ainsi beaucoup plus 'intime' puisqu'il fait
partie de l'inconscient du spectateur. Enfin le manque de détail
de ces images permet au spectateur de s'identifier plus facilement.
En effet, plus l'image est proche de l'abstraction (à condition
de ne pas dépasser une certaine limite) plus le personnage
devient non stigmatisé et peut donc être la représentation
de millions d'êtres humains. On s'identifie à ce qui
nous ressemble... je connais peu de personnes capables de s'identifier à une
chaise par exemple ! Les animaux dans les dessins animés
me diriez-vous ? Les créateurs utilisent un procédé que
l'on appelle l'anthropomorphisme. Les animaux ont des traits ou
des expressions humains. Bref les frères Wachowski transforment
une faiblesse en point fort qui participe à leur propos.
C'est très fort.
Je ne parle que des jeux vidéo, mais Internet fait partie
intégrante du film. Ce qui est logique puisque le développement
des jeux s'est fait parallèlement à celui d'Internet.
Les personnages qui se connectent à la matrice, Link (nom
d'un héros de jeu) qui est une sorte de navigateur au même
titre qu'Explorer ou Netscape, la multitude de câbles présents
dans le film, les portes qui correspondent aux fenêtres de
Windows... bref un film sur l'univers des ordinateurs.
Neo qui est à la base un pirate informatique ressemble étrangement à ce
que l'on appelle au Japon un 'otaku', un jeune qui s'isole et qui
a une passion/obsession (cela peut être les jeux, les maquettes,
les manga, etc.). Mais toute attitude excessive révèle
un mal être. Au Japon, ces otaku sont le résultat
des travers d'une société de pointe. Pour résumer
et pour simplifier le Japon est un pays qui a souffert (et qui
souffre encore) d'un traumatisme qu'aucun autre pays n'a connu
: la bombe atomique. C'est aussi un pays qui de par sa position
géographique a vécu longtemps en autarcie et s'est
ouvert au reste du monde que récemment. Il a donc connu
une révolution industrielle tardive mais fulgurante. En
quelques années ce pays où la majorité de
la population était composée de paysans est devenu
numéro un en matière de nouvelles technologies. Mais à quel
prix ? Lorsque l'on regarde la production de manga et d'Anime,
on se rend compte que toutes les histoires tournent autour d'un
même problème : une crise d'identité. La production
de SF met en scène des êtres mi-homme mi-machine,
des mondes futuristes cyber punk où la machine à pris
le pas sur l'homme. Toutes ces oeuvres permettent à leurs
créateurs d'exorciser leurs peurs les plus intimes : la
peur d'un développement trop rapide des nouvelles technologies
(si trop rapide, pas assez de recul et donc on ne sait pas les
conséquences de ce que l'on a créé) et une
dématérialisation qui en découle. Mais les
jeunes japonais ne sont pas les seuls à traverser une crise
d'identité. FIGHT CLUB le montrait très bien : la
génération des jeunes trentenaires est la véritable
génération de laissés pour compte. Les jeunes
ne croient plus en rien, ne se reconnaissent plus dans les valeurs
inculquées par leurs parents. On retrouve dans MATRIX le
nihilisme des personnages de FIGHT CLUB. Mais ces deux films sont
plus des états des lieux que des films revendicateurs ou
donneurs de leçons. Ils ne proposent pas de solution, il
se contentent de montrer l'impasse dans laquelle nous nous trouvons...
mais dans les deux films il y a de l'espoir : l'amour. C'est l'amour
qui nous sauvera tous !
Keanu Reeves : néo-Superman.
Dans MATRIX RELOADED, Neo, bien qu'encore humain, peut voler !
On ne peut que comparer ce héros des temps modernes à Superman.
Tous deux ont un même objectif : sauver le monde. Ils ont
tous les deux une force incroyable et sont très proches
d'une sorte de Dieu. Superman qui remonte le temps pour ressusciter
Lois, Neo qui a le pouvoir dans la matrice de ressusciter Trinity.
Cette notion de 'Messie' est davantage mis en avant dans MATRIX
RELOADED. Neo est l'élu, celui qui sauvera le peuple de
Zion. Lorsqu'il va sur Zion, toute une communauté l'attend
pour lui faire des offrandes, pour lui demander de veiller sur
leurs proches. Neo est bel et bien devenu le nouveau Jésus
voire Dieu. Mais n'est-ce pas là la sensation que l'on éprouve
aux commandes d'un jeu ? Si l'otaku s'isole, si le gamer passe
des heures à affronter des monstres, ne faut-il pas y voir
là une sorte de jouissance à contrôler un monde,
même virtuel ? Neo est à la fois un fantasme dans
l'imaginaire du spectateur et représente le spectateur.
Lorsque l'on regarde Neo sur l'écran, c'est nous que l'on
voit évoluer (que ce soit dans un jeu ou dans notre imaginaire).
Neo est un 'personnage support'. Cette dimension du personnage
repose sur des investissements inconscients du spectateur. Le personnage
n'est ni une marionnette, ni une personne mais un support permettant
de vivre de façon imaginaire des choses que le spectateur
ne peut pas vivre dans sa vie. Il est un support fantasmatique.
On vit des aventures par procuration en quelque sorte. Mais si
le spectateur retrouve ses fantasmes, ses rêveries dans MATRIX
RELOADED c'est qu'il y a une interaction (profonde) entre spectateur
et réalisateur. L'artiste crée des fantasmes pour
combler son désir, mais l'oeuvre créée comble
aussi les désirs du spectateur. « Le complexe d'oedipe étant
un fait humain universel, il n'y a pas de fiction, pas de représentation,
pas d'art de l'image qui n'en soit en quelque manière l'illustration
voilée (1) ». C'est parce qu'au niveau inconscient
les désirs refoulés sont identiques, que les fantasmes
du spectateur peuvent entrer en résonance avec ceux du réalisateur. « L'inconscient
d'un homme peut réagir à l'inconscient d'un autre
homme en tournant le conscient (2) ».
Le personnage devient un support fantasmatique si les inhibitions
du spectateur sont levées (au moins en partie). De tout
temps l'homme a eu besoin d'un rituel particulier pour se défouler
(par exemple le carnaval). Il en va de même pour le spectateur.
Freud disait que le déclenchement de plaisirs profonds est
lié, sur le modèle de l'acte sexuel, à des
plaisirs préliminaires destinés à l'innocenter.
Il appelait ces plaisirs « prime de séduction ».
Parce que le spectateur légitime la vision de MATRIX RELOADED
en y voyant une activité intellectuelle (par exemple en
essayant de trouver toutes les références mises dans
le film, en essayant de deviner ce qui va se passer, en interprétant
l'oeuvre etc,) il désigne la non-gratuité du visionnage
du film et lève ainsi la barre du refoulement et s'autorise à vivre
ses fantasmes par l'intermédiaire du personnage (Neo) qui
est devenu réel à ses yeux (de façon illusoire,
puisque nous savons que le spectateur donne une illusion de réalité à Neo.
Nous sommes conscient qu'il n'existe pas vraiment). MATRIX joue
sur l'intellectuel pour libérer le fantasmatique. De plus,
il est toujours possible d'excuser le contenu (et les plaisirs
qu'il procure) d'un film comme MATRIX par la distance qui nous
en sépare. De part sa nature, MATRIX est loin de nous :
il est très proche du jeu vidéo. De ce fait, on a
toujours l'alibi de dire que ce n'est pas réel (même
si on a l'illusion de réalité) et l'on profite ainsi
pleinement des scènes de bagarres. Pour jouir sans compromission
d'un personnage, on ne doit pas se sentir trop impliqué.
René Girard remarque à ce propos que « les
régions du désir qui nous paraissent estimables ou
pittoresques sont toujours (...) les plus éloignées
de notre propre univers. Ce sont, au contraire, les régions
intermédiaires et bourgeoises qui suscitent notre indignation (3) ».
A travers le « personnage-prétexte », comme
l'appelle V. Jouve, le spectateur est confronté à ses
propres pulsions qui se déploient librement grâce
au relais filmique. Lorsque l'on regarde MATRIX RELOADED nos pulsions
sont libérées et renvoient surtout à une forme
de libido, « libido dominandi » (la projection ; vivre
par procuration).
Vivre par procuration la vie que l'on a pas eu grâce à une
figure imaginaire, ici Neo, est un des moteurs fondamentaux de
l'investissement dans le personnage. S'imposer au monde, devenir
puissant sont autant de visées qui ne peuvent laisser complètement
indifférent. « La naissance du héros est toujours
aussi un peu notre anniversaire (4) ».
En se projetant dans un personnage fort, puissant, on retourne
le schéma oedipien en prenant la place du père. Le
spectateur éprouve de la jouissance lorsqu'il regarde évoluer
Neo et sa force surpuissante. Nous avons tous vu des petits garçons
autour de nous, jouant parfois à « faire comme » tel
héros de dessin animé (après le père,
c'est souvent un héros de dessin animé ou de films
qui prend la place de modèle), jouant à « la
bagarre », et évaluant sans cesse les forces de ses
héros : « Superman il est plus fort que Batman, mais
moins que Spiderman... ». Et c'est en quelque sorte la part
de l'enfant qui sommeille en nous qui se réveille lorsque
l'on regarde un Anime. Neo exécute sa mission afin de poursuivre
(et réaliser) un idéal de vie. Il y a là une
universalité des thèmes abordés (qui facilitent
l'identification), et au-delà de la construction de leur
identité, c'est un exemple clair de « libido dominandi ».
Le spectateur peut être déçu si le film ne
répond pas à ses attentes induites par la classification
du film. Mais le film n'est au bout du compte, comme C. Metz le
disait, que la mise en images du fantasme d'autrui. Je ne suis
pas sûr de comprendre pourquoi les spectateurs qui ont aimé MATRIX
sont déçus par MATRIX RELOADED. A mon sens ces déçus
n'ont pas « joué le jeu » et/ou se sont construit
un autre film entre le premier et le deuxième opus. MATRIX étant
un film culte, chaque spectateur se l'est approprié et on
retrouve ici la situation de l'adaptation cinématographique
d'une oeuvre. Nous sommes très souvent déçus
lorsque nous allons voir au cinéma une adaptation d'un livre
que nous avons aimé. L'image mentale que nous nous étions
faite de cette oeuvre ne correspond jamais à ce que nous
voyons... puisque c'est la mise en images du fantasme d'autrui.
MATRIX fut un tel choc lors de sa sortie, que les spectateurs déçus
par MATRIX RELOADED ont sans doute imaginé au préalable
une suite. Mais le spectateur n'étant pas le réalisateur
du film qu'il regarde, ses attentes peuvent être contrariées.
Je n'ai personnellement pas été déçu
par cette suite. Le scénario est très bien construit
et rebondit parfaitement sur le premier. Le film est rempli de
trouvailles visuelles. Il y a encore plus de scènes d'actions
(je rappelle qu'on avait reproché au premier ces trop longues
scènes explicatives) et le film est suffisamment compliqué pour
que le spectateur ne se sente pas pris pour un idiot. Bien au contraire,
le spectateur doit réfléchir et lire entre les lignes
puisque toutes les clés de compréhension ne sont
pas données par les réalisateurs (comme bien souvent
dans les films hollywoodiens).
En conclusion, bien que la trame du scénario de MATRIX RELOADED
reste somme toute classique (l'odyssée de Neo), les éléments
rajoutés et la réalisation rendent cette oeuvre unique
en son genre. Un film concept qui fonctionne parfaitement offrant
au public un spectacle époustouflant et intelligent. On
a envie d'être Neo, on souhaite qu'il réussisse à sauver
Zion, on veut que le couple qu'il forme avec Trinity fonctionne...
notre statut de spectateur se transforme presque en celui d'acteur
virtuel combattant aux côtés de Neo. Mais MATRIX RELOADED
n'est pas fait que de scènes de combats, il y a aussi de
belles scènes d'amour ou une magnifique scène de
danse. Les habitants de Zion dansant au rythme de tambours qui
se transforme en musique électro... Woodstock qui vire à la
rave d'une sensualité incroyable. Les ralentis sur ces pieds
nus dans la boue, ces corps humides qui s'enlacent, qu'ils soient
blancs, noirs, jaunes, masculins, féminins... Le mélange,
l'hybridation, voilà comment est le monde futur pour les
frères Wachowski. Effrayant et plein d'espoir.
Ludovic Graillat, rédacteur à Cadrage et chercheur au
LARA
(1) M. Robert, Roman des origines
et origines du roman, Paris, Gallimard, coll. « Tel »,
1972, p.62.
(2) S. Freud, Metapsychologie, trad.
Franç., Paris, Gallimard, 1968, p.107.
(3) R. Girard, Mensonge romantique et vérité romanesque,
Paris, Grasset, coll. « Pluriel », 1961, p88.
(4) Cf. M. Picard, Lire le temps, Paris, Minuit,
coll. « Critique », 1989, p.77. |
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5. RESSOURCES INTERNET |
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[Sur les jeux vidéo]~
~ http://www.cadrage.net/dossier/cinemajeux/cinemajeux.html :
dossier cadrage sur jeux vidéos et cinéma.
~ http://polygonweb.online.fr/
~ http://www.game-culture.com/
~ http://www.gamestudies.org/ : créé par
des universitaires travaillant sur les jeux vidéo,
excellent.
~ http://www.gamasutra.com/ : très technique, met
en ligne des maitrises et doctorat consacrés aux jeux vidéo
~ http://crac.lbn.fr/mag/formation/f-020603-dessjv01.php :
Peut-on enseigner le jeu vidéo ?
~ http://crac.lbn.fr/mag/analyse/aJeuVideo01.php : un article
sur jeux vidéo et cinéma
[Sur les nouvelles technologies]
~ http://www.lexception.org/ : groupe de réflexion
sur le cinéma (quelques articles en ligne, etude sur le
DVD)
~ http://www.mit.edu/ : le site
du prestigieux MIT, nombreux articles et conférences en
ligne (utiliser le moteur de recherche)
~ http://www.manovich.net/ : site du chercheur Lev Manovich
(MIT) spécialiste des nouvelles technologies.
Peut-on enseigner le jeu vidéo ?
[Sur la trilogie MATRIX]
~ http://www.code-matrix.net/ : source francophone d'informations
sur la trilogie
~ http://www.matrix-xp.com/ : une impressionnante parodie
Et n'hésitez pas à participer sur le forum de
l'ABC au sujet de Matrix :
http://www.abc-toulouse.net/forum/showthread.php3?threadid=95 |
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6. BIBLIOGRAPHIE |
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[Jeux vidéo]
~ Laurent Tremel, Jeux de rôles, jeux vidéo,
multimédia: les faiseurs de mondes, PUF,
2001
~ Gentiane Lenhard, Faut-il avoir peur des jeux vidéo
?, ESF Editeur, 1999
~ Alain et Frédéric Le Diberder, L'Univers des
jeux vidéo, La Découverte, 1998
~ Steven Poole, Trigger happy, The inner life of videogames,
Fourth Estate, 2000
~ Geoff King & Krzywinska Tanya, Screenplay: cinema/videogames/interfaces,
Wallflower Press, 2002
[Nouvelles technologies]
~ Jay David Bolter & Richard Grusin, Remediation: Understanding
new media, MIT Press, 1999
~ Le Banquet Imaginaire, Ouvrage collectif, L'Exception & Gallimard,
2002
~ Cinéma et dernières technologies, Ouvrage
collectif, INA, De Boeck Université, 1990
~ Du trucage aux effets spéciaux, Ouvrage collectif,
Cinémaction n°102, Corlet, 2001 |
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